L’atelier d’écriture Le livre des regrets
Aujourd’hui, c’est sous une chaleur accablante que s’est tenu l’atelier d’écriture mensuel à la Palette du Libraire. Jamais nous n’avions connu un mois de mai aussi torride. Au moment où je vous parle, je dégouline sous ma combinaison imprimée de grosses fleurs exotiques. Heureusement, nous avons la chance de pouvoir nous abriter à l’ombre des arbres dans la petite cour de la librairie où une légère brise nous caresse de temps en temps. Pascale a gentiment mis à notre disposition de l’eau et de la grenadine, histoire que nous ne nous déshydrations pas 😉 Les avions ne cessent de passer dans le ciel, la proximité de l’aéroport donne des envies d’ailleurs. Les cloches de l’église sonnent sans relâche, les communions se succèdent. Les participantes (oui, parce que je n’ai pas de participant aujourd’hui) arrivent au compte-goutte. Il y a la jeune Clotilde, portant de jolies lunettes aux montures colorées et une joyeuse robe fleurie rappelant la saison printanière qui bat son plein. Elle aime et écrit de la poésie. Elle choisit un carnet illustré de la nuit étoilée de Van Gogh.
Isabelle est présente également, grande femme blonde aux yeux bleus à la voix calme et rassurante, qui détend l’atmosphère en proposant à toutes de se tutoyer et en écrivant pieds nus. Isabelle a déjà écrit un livre et a entamé l’ébauche d’un second. Elle choisit le carnet représentant une femme portant un chapeau et une robe élégante allongée dans une chilienne au sein d’un jardin bucolique.
Marie-Claude a appris que l’atelier se tenait grâce à Isabelle. Ses cheveux coupés courts lui donnent une allure dynamique, elle porte une jolie robe à motifs ethniques et des sandalettes. Son sourire est souligné d’un rouge à lèvre carmin et ses yeux sont cachés derrière ses lunettes fumées. Elle n’a jamais écrit mais en a toujours eu envie. Marie-Claude choisit un carnet bleu, qui semble être sa couleur.
Enfin, il y a la douce Mélanie, qui aime écrire et a déjà rédigé le premier tome d’une série de livres pour ses enfants, leur ayant donné le goût de lire. Elle porte un simple débardeur short et a apporté une pointe d’originalité et de couleur à sa tenue avec des boucles d’oreilles rouges en forme de fleurs, rappelant ses bracelets de perles vermillons. Mélanie choisit le carnet illustré d’un paysage représentant un arbre dans un parc.
Nous évoquons toutes ensemble les regrets que nous avons pu avoir dans nos vies, et réécrivons la vie que nous aurions eu si nous avions fait un autre choix à ces moments charnières. Et puis, surtout, nous reconnaissons que nos vies n’auraient pas eu la même saveur si nous avions décidé autrement. Il y a eu de l’émotion, de la fébrilité, des mains et des voix qui tremblent, et des sourires nostalgiques.
Puis, une deuxième proposition d’écriture a contraint les écrivaines à créer un texte en utilisant une liste d’expressions imposée. Là, entre le récit véridique d’une petite fille, une épopée à vélo, une galaxie très très lointaine et l’histoire d’Harold, les larmes ont fait place au rire.
C’est cela les ateliers de La Plume Vagabonde, on dépose des choses qu’on avait besoin de déposer depuis longtemps, on se confie sur des passages de vie, on évoque des souvenirs auxquels on n’avait pas pensé depuis vingt-cinq ans, parfois, on n’arrive pas à lire son texte, même quand on pense avoir écrit sur un moment “léger”. Et c’est là que mon rôle est important car je suis là pour épauler et accompagner les participants. Des ruisseaux de larmes, des rires en cascade et bien sûr une avalanche d’imagination !
Je me sens toujours reconnaissante de pouvoir vivre et faire vivre ces moments délicats et fondamentalement humains aux participants des ateliers.
Prochain rendez-vous à la Palette le 20 juin !

